събота, 19 септември 2015 г.

Soleil

J'attends, amour, que l'indigo fleurisse
du pot brisé au fond de mon balcon.
Que les tableaux s'effeuillent et s'insurgissent,
chutant du mur craquelé du vieux salon.

Et ce hideux clavecin aux pieds infirmes,
qu'il prenne racines au sol, dans les coins,
et que ses touches s'enfoncent dans leurs abîmes,
avides de s'envoler en s'arrachant.

Que sur le toit se posent de blancs corbeaux,
tout près des mâts qui ont perdu leur son,
et qu'ils picorent, avides, les grains d'aumône,
miettes de peine sur mon épaule traînant.

J'attends que le dimanche couleur grenade
me cligne à ton propos, d'un oeil moqueur.
Oh, non, je ne me porte guère malade...!
Ne t'en fais pas, je parle ainsi aux fleurs,

qui cet hiver - saison tellement froide! -
flétrissent avant qu'elles aient assez poussé.
Et quelque part, en haut des marches roides,
se trouvent des guides pratiques jardiniers,

selon lesquels, il faut semer les graines
avec des mots d'amour et des chansons.
Et puis, les adorer vraiment, en reines.
Avant de les laisser à l'abandon...

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